1.2 – Données probantes en éducation : pour des apprentissages pratiques plus efficaces

  • […] que toute forme de pratique ne mène pas à l’amélioration. Généralement, la réalisation d’une activité (par exemple, jouer d’un instrument de musique) atteint un plateau de performance après un certain temps. L’explication est simple : une personne qui atteint un niveau de performance jugé satisfaisant cesse de chercher à s’améliorer et réalise ensuite l’activité de façon routinière. Les pratiques suivantes ne permettent que de maintenir le seuil de performance actuel.
  • Pour continuer à s’améliorer, on doit adopter une stratégie dite de pratique délibérée, une approche où la pratique est conçue dans l’unique but d’améliorer des aspects spécifiques de la performance d’un individu.


Caractéristiques de la pratique délibérée

Dans la pratique délibérée, une personne s’engage avec pleine concentration dans un exercice d’entraînement répété (habituellement planifié) séquentiel et progressif, portant sur un but spécifique déterminé par des critères explicites, représentant l’atteinte d’un niveau juste au-delà du niveau actuel de performance. Le but visé est accessible en quelques heures de pratique. Des exemples et des contre-exemples peuvent aider à communiquer plus clairement l’objectif à atteindre. Après chaque répétition, la personne reçoit une rétroaction issue de l’analyse de sa performance sur les aspects critiques à travailler, qui permettra de raffiner la prochaine répétition. La personne peut se passer de la rétroaction d’autrui si elle peut faire elle-même l’analyse de sa performance. (Ambrose, S. A. et al., 2010; Ericsson, 2006; Ericsson & Ward, 2007).

Image 2


Quelques conditions de succès pour la pratique délibérée

  • Travailler sur des activités et des tâches authentiques, représentatives de ce qui se fait dans le domaine.
  • Cibler une composante précise de l’activité, dont l’amélioration rehaussera la performance globale de l’activité

Par exemple, un pianiste pourra se pratiquer pendant quelques séances à réussir une gamme sans erreur en la jouant lentement. Une fois cette étape maitrisée, il pourra faire un nouveau cycle de pratique où il tentera d’accélérer progressivement son jeu de cette gamme sans faire d’erreur.

  • Ne pas négliger pour autant de pratiquer l’activité complète de façon intégrée avec une rétroaction pertinente.

Par exemple, après avoir maitrisé ses gammes, notre pianiste pourra se pratiquer à improviser des solos sur des pièces de jazz.

  • Identifier les composantes plus faibles (et les plus fortes) de l’apprenant dans la conduite de l’activité, de proposer une pratique ciblée appropriée et d’analyser la performance afin de donner de la rétroaction pendant le cycle de pratique délibérée.
  • La rétroaction doit exprimer rapidement, fréquemment et clairement où se situe l’apprenant par rapport au but visé. Les appréciations numériques générales (note, cote, rang, etc) sont à éviter parce qu’elles n’indiquent pas comment s’améliorer.
  • Le monitorage est plus efficace s’il porte initialement sur la façon de s’y prendre, pour corriger d’abord la forme. On ne doit se concentrer sur le résultat qu’une fois que la forme est appropriée.

Par exemple, un pianiste débutant qui apprend une gamme se ferait d’abord donner de la rétroaction sur la façon de placer ses mains et ses doigts, puis répèterait jusqu’à ce que la forme soit correcte, avant que l’on intervienne sur les notes ratées.

  • La pratique doit se faire de façon attentive, contrôlée, ce qui permet de se concentrer sur l’amélioration recherchée. Comme cette concentration ne peut être soutenue que pour une durée limitée, la pratique délibérée n’est plus efficace au-delà d’un certain seuil.


Last modified: Wednesday, 26 April 2017, 11:49 AM